CONTRE LA DÉCENTRALISATION

Extrait d'une lettre d'Alphonse Marie Louis de LAMARTINE (21/10/1790 - 28/02/1869) à son ami, le comte de VIRIEU, datée de Mâcon le 12 septembre 1828.

" Tu ne comprends pas ma pensée centralisatrice et décentralisatrice, quand tu m'accuses de contradiction. Ma pensée, en cela conforme à la nature des choses, a toujours été ceci : décentraliser les forces intellectuelles et centraliser l'action administrative, car la pensée est une chose essentiellemnt libre, multiple, diverse et décentralisatrice, et l'action est une chose essentiellement une et centralisée. Sans unité et centralisation, nulle action concordante, efficace et forte. Décentraliser un pays c'est le démembrer, c'est le tuer.

"Je ne vous comprends pas de ne pas le comprendre. Si on vous laissait faire il n'y aurait pas de France dans dix ans, il n'y aurait que des provinces, et, comme le même principe appliqué à l'unité provinciale la démembrerait et l'énerverait aussi, bientôt il n'y aurait plus de provinces, il n'y aurait que des municipalités, puis bientôt plus de municipalités mais des individualités. Votre système se résout par l'individualisme, la chose la moins patriotique et la moins humaine.

Et il ajoute en terminant :

"Les nations sont de grandes machines, vous les disloquez".

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Mis à jour le : 09/10/2004