Dettes de l'État aupès de ses fournisseurs publics

 

Rapport de la Cour des Comptes

L'exécution des lois de finances pour l'année 2003 (page 102)

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Chaque année, la Cour recueille, auprès d'un certain nombre d'entreprises, services, ou établissements publics facturant à l'État fournitures ou prestations, des éléments d'information sur le montant des crénces commerciales afférentes. La Cour a cette année élargi son enquête aux 40 entreprises "de premier rang" jugées "économiquement significatives" par le Haut Conseil du Secteur public, auquelles elle ajoute les 3 fournisseurs de moindre surface, mais fort créanciers traditionnels (Documentation française, Imrimerie nationale, UGAP).

Le tableau ci-après présente les créances par entrprises et par montants décroissants.

[Il doit être lu avec précaution. Électricité de France (comme Gaz de France avant 2003) ne distingue pas l'État des autres collectivités publiques : sa créance présentée à part, ne peut être agrégée. Certaines données 2002 sont indisponibles ou incertaines. Les entreprises identifient souvent leurs débiteurs différemment de la nomenclature administrative et budgétaire. Enfin la distinction entre créances correspondant à des facturations et autres créances n'est pas toujours aisée.]

Créances sur l'État, par montant décroissant (M€)

Rappel

31/12/02

2003
(31/12)

Evolution
2003/2002

Au
31/01/2004

GIAT-Industri

227,334

278,511

22,5%

276,022

SNECMA (Sté nat.d'étude et de construction de moteurs d'aviation

47,700

219,200

359,5%

215,500

France-Télécom

104,000

73,200

- 29,6%

73,200

Air-France

49,499

67,604

36,6%

67,604

Gaz de France (Etat seul)

n.d.

53,853

n.d.

53,853

UGAP (Union des groupements d'achat public)

53,538

30,278

- 43,4%

17,315

CEA (Commissariat à l'énergie atomique)

15,400

30,205

96,1%

29,340

SNCF (Sté nat. des chemins de fer français)

14,900

15,479

3,9%

6,057

Imprimerie nationale

19,100

9,861

- 48,4%

6,417

RATP (Régie autonome des transports parisiens)

7,992

9,434

18,0%

8,348

La Poste

39,955

7,680

- 78,6%

1,121

Aéroports de Paris

4,470

6,210

38,9%

5,290

Documentation française

3,100

2,074

- 33,1%

2,023

AREVA (Société des participations du CEA)

0,545

1,675

207,5%

1,675

Société routières et autoroutières (total des 5)

0,694

0,660

- 4,9%

0,497

Société nationale de programme Radio-France

0,538

0,557

3,4%

0,557

Ports autonomes (total des 9 établissements)

0,350

0,431

23,1%

0,414

Charbonnage de France

0,005

0,005

0,0%

0,005

Arte France

0,004

0,004

- 5,9%

0,004

CNR (Compagnie nationale du Rhône)

n.d.

0,004

n.d.

0,004

TOTAL (État seul)

585,125

806,925

n.s.

765,247

Avances de l'État sur facturation (créances négatives)

DCN International

- 1,526

- 0,027

- 98,2%

- 0,027

SNPE (Sté nationale des poudres et explosifs)

4,600

- 5,211

- 213,3%

- 4,726

EDF (dont collectivités publiques autres que l'État)

207,000

178,000

- 14,0%

178,000

Au 31 décembre 2003, les dette commerciales de l'État auprès des fournisseurs publics interrogés s'élevaient à 807 M€ hors EDF, contre 585 M€ au 31 décembre 2002. En tenant compte de la part de l'État, non déterminée dans les 178 M€ de créances d'EDF (en baisse depuis 2002), ainsi que de l'existence probable de créances d'autres fournisseurs non retenus dans l'enquête, la dette globale de l'État est assez proches du milliard d'Euros en 2003. Pour les entreprises dont les données 2002 sont connus à périmètre égal, cette dette a augmenté de près de 29% en un an. La tendance est donc à la hausse de la dette commerciale de l'État, qui s'analyse comme un transfert d'une partie de son déficit courant sur les comptes de ses fournisseurs.

Hors EDF, huit entreprises détiennent 95% des créances. Les deux premières (GIAT et SNECMA : 61% du total) relèvent du seul ministère de la défense, qui reste de loin le principal débiteur : il représente par ailleurs 92% des créances pour AREVA, 50% pour Air-France, 27% pour l'UGAP, 17% pour France Télécom. Le second débiteur est le ministère de l'intérieur (dont les préfectures) : 95% des créances de la RATP (dont les ¾ au titre de la préfecture de police) plus de 60% pour Aéroports de Paris, 48% pour l'Imprimerie nationale (dont 40% de la préfecture de police), 28% pour l'UGAP, 16% pour La Poste, 13% pour France Télécom. Paradoxalement, les deux ministères prioritairement dotés (défense et intérieur) ne s'acquittent pas en temps voulu de leurs dettes. La Cour juge toujours préoccupante la dette considérable et ancienne (antérieure à 2002 en majorité) de la préfecture de police.

Les créances de plusieurs entreprises évoluent de façon défavorable : outre celles dépendant quasi-exclusivement d'un seul acheteur, la défense (SNECMA, qui fait plus que quadrupler, et AREVA qui triple), celle du CEA double (principalement au titre du périmètre jeunesse, éducation, recherche) ; celle d'Aéroports de Paris augmente plus que la moyenne.

On note en revanche que le recouvrement s'est nettement amélioré dans certaines entreprises fortement créditrices : La Poste (les ministères de la culture et de l'économie et des finances, principaux débiteurs, ayant des dettes majoritairement antérieures à 2002) ; l'Imprimerie nationale (grâce notamment à une conventionn pour le règlement des crénces 1994-2001) ; l'UGAP ; France Télécom (dont les principaux débiteurs sont les ministères de l'économie et des finances, et de la justice)

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Mis à jour le : 07/09/2004